Partager la publication "Origine et histoire du symbole arobase “@”"
L’arobase fait partie de notre paysage visuel depuis maintenant une trentaine d’années. D’abord réservé à l’adressage serveur, il se démocratise avec les forums de discussion (mais si, souvenez-vous de vos nuits à discuter sur Caramail!), dans les emails, avant de devenir le symbole de référence pour s’adresser à un pseudonyme sur les réseaux sociaux (comme @printoclock sur Instagram par exemple).
Mais saviez-vous que l’arobase était un nom féminin ? Saviez-vous que l’on trouve ses premières traces graphiques autour du XIVᵉ siècle ? Découvrez l’histoire de ce symbole qui marche notre époque !
Arobase “@” : un symbole moderne qui apparait au XIVᵉ siècle
Les premières traces de l’arobase “@” font leurs apparitions au cours du XIVᵉ siècle. Ce symbole, chargé de modernisme et d’usage digital, trouve ses origines autour des années 1350 où les moines copistes, toujours en recherche de gain de temps en raison de leur tâche, l’utilisent pour remplacer le mot Amen.

Alors que l’origine de l’utilisation de ce symbole soit restée mystérieuse, l’on peut en retrouver quelques traces çà et là dans les chroniques religieuses. De nombreux débats existent autour de la création du symbole @ tel que nous le connaissons aujourd’hui et pour autant, aucun consensus n’est trouvé.
La théorie la plus répandue reste que les moines copistes, à l’origine de nombreux caractères d’imprimerie, auraient eu besoin de raccourcir le mot ad qui signifie “près de” ou “à”. La boucle autour du “a” viendrait de la contraction “a” et du “d” en graphie onciale.
Cette typographie est trouvée également dans des échanges diplomatiques de l’époque, même si l’usage en reste mineur.

Le consensus sur l’utilisation de l’arobase trouve ses traces à la Renaissance où le symbole est utilisé en Europe dans le monde du commerce. Il se trouvera très répandu dans le monde anglo-saxon où il servira en effet à remplacer le “à” et fait office de “au prix unitaire de”. Dans l’exemple “2 poules @ 5€” signifie 2 poules à 5 euros.
Ce qui rend l’explication intéressante, c’est que cette phrase se dira “2 poules at 5 euros”, expliquant par l’occasion pourquoi nous prononçons ce signe typographique “at” quand on donne notre adresse mail à l’oral.
Étymologie du mot arobase
L’étymologie du mot arobase (qui a bien d’autres prononciations dans d’autres langues) comme bien souvent pour ce genre de symboles reste floue et possède 3 racines différentes.
La première vient du monde du commerce, où l’on trouve également les racines du symbole. Dans le monde hispanophone, l’arroba est une mesure de poids ou de volume, représentant le quart de quelque chose. Avec l’utilisation du symbole et du terme arroba, l’on peut imaginer la déformation qui vient jusqu’à nos jours.
La deuxième hypothèse nous provient de l’imprimerie à caractères fondus où, pour décrire le symbole, on parle de “a rond bas”. Dans ce cas, il faut décrypter par “a avec un rond en minuscule”, car en imprimerie, on parle de casse haute et casse basse pour les majuscules et minuscules. De ‘a rond bas” en 1800 à arobase dans les années 2000, il n’y a qu’un pas, que l’on peut aisément imaginer franchir.
Une dernière façon d’imaginer l’origine de ce mot est de simplement prendre les lettres qui le composent en grec : a, ρ (lettre grecque rhô) et base (tiret-bas en français), qui forme graphiquement la lettre @. Mais celle-ci est de loin la moins sûre.
L’arobase renait avec l’arrivée de l’informatique
C’est le programmateur informatique Ray Tomlison qui remet au goût du jour l’arobase lors de ses travaux sur des protocoles de communication entre machines. Il veut utiliser un symbole qui n’apparaît dans aucun prénom ou nom, qui n’est pas relié à un alphabet particulier et qui est peu usité.
Il décide donc d’utiliser l’arobase pour séparer le nom d’utilisateur du nom de domaine attaché. C’est comme cela qu’il rentre dans notre paysage digital moderne. Son attribution au monde de l’informatique, majoritairement dans les emails, date du début des années 1970. On le retrouve également dans le codage et les programmations de serveurs.

Pourquoi utilise-t-on le caractère « @ » dans une adresse e-mail ?
Le caractère « @ », ou arobase, est un séparateur essentiel dans une adresse e-mail. Il marque la frontière entre le nom de l’utilisateur et le nom du domaine qui héberge sa messagerie. Par exemple, dans l’adresse [email protected] La partie située avant le « @ » correspond à l’identifiant de l’utilisateur, tandis que la partie après indique le serveur de messagerie, ici « printoblog.com ».
Ce symbole a été choisi parce qu’il n’apparaît jamais dans les noms d’utilisateurs ou de domaines, ce qui évite toute confusion. Il permet donc d’identifier précisément à qui et vers quel service un message doit être envoyé, garantissant un acheminement clair et fiable des e-mails.
Pour aller plus loin, en programmation
Dans le monde de la programmation et du codage informatique, l’arobase est omniprésent et indispensable pour développer des applications et des sites web.
Dans de nombreux langages de programmations récents aussi bien que plus anciens, l’arobase occupe différents usages et utilités, mais toujours d’importance. On peut la retrouver en PHP, en java, en pascal, en perl, qui sont des langages de programmation courants.
Un symbole qui suscite de multiples théories créatives
Quand il s’agit de trouver des sens et des anamorphoses à nos symboles, l’humain est très fort. Quand nous francophones voyons en l’arobase un escargot, nos voisins à travers le monde y voient d’autres animaux, voir phénomènes naturels.
Faisons un petit tour d’horizon des métaphores de l’arobase :
- Aux Pays-Bas : Apenstaartje – La queue de singe
- En Allemagne : Snabel-a – La trompe d’éléphant
- En Grêce : παπάκι – Le caneton
- Au Danemark : Kanelbulle – La brioche à la cannelle
- Au Japon : Naruto – Le tourbillon de Naruto
- Au Kazakhstan : айқұлақ – L’oreille de la lune
- En République Tchèque : Zavináč – hareng enroulé autour d’une pomme de terre
- En Italie : chiocciola – un escargot.
Comment fait le signe arobase @ sur un clavier ?
Nous utilisons l’arobase quasi quotidiennement dans nos communications, sur nos réseaux sociaux et même dans certains cas, c’est un outil de travail dans la programmation informatique.
Sur les claviers de type AZERTY sous plateforme Windows, on obtient un @ par la combinaison des touches Alt Gr et à.

Sur les claviers BEPO (disposition des touches de clavier conçue pour faciliter la saisie du français et des langages informatiques) et sur les claviers Apple, une touche est dédiée à l’arobase. Enfin, si votre touche est défaillante, vous pouvez taper ALT+064 et vous obtiendrez une arobase “@”.
L’arobase, véritable clé de voûte des réseaux sociaux et forums
Souvenez-vous en 2004, quand vous conversiez sur les forums et chatrooms Voila ou Caramail pendant des heures, l’arobase était omniprésente. Pour alerter quelqu’un, rien de tel qu’un @pseudo pour se faire remarquer. C’est de cet usage qu’est partie l’utilisation massive de l’arobase pour les réseaux sociaux.
Désormais quasi incontournable de nos quotidiens connectés, l’arobase est un outil de communication et de partage. Que ce soit pour citer quelqu’un sur Twitter/X ou pour partager un profil dans une story Instagram, l’arobase permet de signaler à l’application que vous allez ou faire référence à quelqu’un.
C’est ainsi que l’on retrouve l’arobase au début de chaque pseudonyme sur les réseaux sociaux courants et qu’il est tant utile pour ces applications. Il est une ancre permettant de comprendre que l’on parle d’un profil en particulier.
Un atout marketing incontournable
L’arobase est très connu pour sa communication sur les réseaux sociaux, la marque de fast-food Burger King est l’une des pionnières dans l’usage des @ pour en faire du street marketing.
Détournant l’usage numérique des réseaux sociaux, Burger King s’amuse à imprimer sur des bâches des tweets leur faisant référence tout en y répondant avec humour. Cette technique est utilisée pour annoncer de nouvelles ouvertures, permettant avec joie et légèreté de faire sa publicité en faisant participer sa communauté en identifiant @BurgerKing.
Exemple d’une bâche d’un tweet imprimé avec un @BurgerKing pour annoncer l’ouverture de l’enseigne à Nice en 2019.
Détour par le graphisme
L’arobase (@) revêt un intérêt graphique intéressant quand il s’agit de l’intégrer à une communication visuelle. Placée au milieu d’un mot, elle donnera du relief et un twist intéressant qui utilise l’arrondi du caractère pour adoucir un mot.
Elle peut se révéler être un élément graphique compensateur pour tous les graphistes qui souhaitent envelopper un mot ou ajouter de l’arrondi.
L’arobase symbolise également le web, l’interconnexion, le monde connecté et donne à un pictogramme ou à une illustration un sens direct et impactant directement grâce à sa présence.
Dans le cas de cette illustration, on comprend tout de suite le sens : contacter par téléphone, courrier ou par messagerie électronique. L’arobase symbolise maintenant quasi tout le temps la communication rapide et instantanée !
Un symbole essentiel à notre communication moderne
On peut dire que malgré son étymologie, son histoire et son apparition peu sûres, l’arobase est un symbole qui nous accompagne au quotidien dans les différents aspects de nos vies.
Dans nos mondes ultra-connectés, avec les courriers électroniques, les réseaux sociaux et les échanges de fichiers, l’arobase s’avère être un caractère indispensable à nos discussions et à un bon usage de nos outils.
Détourné de son usage “classique”, il est un allié fort de la communication visuelle et permet également de se décliner assez facilement pour être l’allié des graphistes qui l’utilisent comme un ressort graphique fort.


