« Dessiner la beauté du monde » : Entretien avec Monsieur Z

Illustrateur, graphiste, publicitaire ou encore auteur de dessins animés, Richard Zielenkiewicz a plusieurs cordes à son arc. Et chaque flèche, décochée sous le nom de Monsieur Z, atteint irrémédiablement sa cible en plein cœur. De ses années parisiennes à son attachement pour le sud (est) de la France, retour sur le parcours de cet artiste complet.

Bonjour Monsieur Z, vous avez commencé dans la publicité puis vous avez ensuite eu une expérience dans la presse. Quelles ont été vos missions ? Quel(s) parallèle(s) pouvez-vous faire entre le publicité et la presse  ?

En effet, j’ai commencé chez ce qui est aujourd’hui EuroRSCG, puis chez BDDP (devenu TBWA\Paris). J’ai travaillé comme assistant Directeur Artistique chez Anstett (Groupe Bélier), où j’ai gravi les échelons en devenant à mon tour Directeur Artistique puis Directeur de Création vers 28 ans. C’est à 30 ans que j’ai décidé de reprendre mes études pour passer un DESS en Images de Synthèse à l’Université Marc Bloch de Strasbourg.

À la suite de ça, j’ai eu beaucoup de mal à trouver un boulot comme Directeur Artistique dans les agences. Les années 2000 ont connu une crise de la communication et le travail en synthèse arrivait essentiellement des boites de production étrangères (Pixar venait de connaître un succès retentissant avec Toy Story, le premier film réalisé entièrement en images de synthèse). Comme je n’avais pas envie de bosser dans le jeu vidéo, j’ai accepté un job dans la presse. J’étais chargé du relooking des magazines et comme j’en feuilletais beaucoup à cette époque (notamment la presse « Mode » anglaise qui était très doué pendant cette période), je sentais que le job pouvait être dans mes cordes.

J’ai ensuite travaillé pour les Éditions Mondiales sur plusieurs titres (Depeche Mode, Voyage, Caméra Vidéo, etc.), c’était surtout un job alimentaire car j’ai très vite vu qu’il fallait faire trop de concessions pour mon tempérament créatif, ce qui a entraîné des frictions avec les rédac-chefs. Mon rôle se cantonnait à mettre en forme ce qui était écrit par les rédacteurs ou shooté par les photographes. Je me sentais trop frustré de ne pas pouvoir illustrer librement à mon tour. J’étais un publicitaire égaré, ce n’était pas fait pour moi.

Pour moi, la publicité et la presse sont étroitement mêlées, l’une a besoin de l’autre pour survivre mais leur univers est totalement différent. La presse informe, guide, raconte alors que la pub séduit et donne envie. La pub, c’est le côté obscur…et ça me va bien !

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’illustration ? Qui sont vos sources d’inspiration ? Avez-vous rencontré des personnes qui ont changé  votre manière de travailler ?

J’ai toujours dessiné. Ça me plait et c’est une manie. J’en ai besoin dans ma vie de tous les jours. Quand je m’ennuie, je dessine. Quand je regarde les gens, je les dessine. Mes inspirations sont forcément multiples que ce soit chez les peintres, illustrateurs, architectes, sculpteurs, cinéastes ; du Bauhaus à Walt Disney ; d’Hitchcock à Savignac. Rien à voir me direz-vous mais c’est ce qui m’a construit ! Je suis particulièrement fan des travaux de :

 

Miroslav Sasek

 

Mary Blair
Les Studios UPA

 

Kevin Dart

 

Kiraz
 

Vous avez collaboré avec des grandes marques françaises et internationales : quelle est celle qui vous a le plus marqué ? Avec quelle marque rêveriez-vous de travailler ? Quelles sont vos conditions pour travailler avec une marque ?

J’ai travaillé un jour pour MacDonald. J’étais fier car, à l’époque, MacDo c’était une consécration pour un fils de pub. En plus c’était pour MacDonald USA. Je me suis dit « Wahooo » mais en fin de compte ça ne s’est pas passé comme je le voulais. J’ai été (bien) payé, ils ont pris mes dessins, puis ils ont demandé à leurs services communication et leurs batteries de graphistes de dessiner à ma manière pour leurs films de pubs. Je n’ai rien pu faire. Il y avait donc un film Monsieur Z qui tournait sur les écrans américains que je n’avais même pas fait. J’en rageais. 

Sinon j’ai aimé : travailler pour Bacardi (Gin Bombay), on a fait la fête dans les boîtes de nuit à Madrid ; bosser pour la Série Z de BMW avec David Guetta aux platines pour un show sur les Champs-Élysées ; pour Guess Jeans où j’ai pu faire une sympathique rencontre avec Paul Marchiano dans une hôtel de luxe à Los Angeles ; pour Dior où j’ai habillé les murs de leur hôtel de luxe Le Majestic pendant le Festival de Cannes 2017. J’ai adoré, je re-bosse pour eux quand ils veulent. 

Avez-vous de nouveaux projets pour 2017/2018 ?

Dessiner la beauté du monde, loin des ouragans, des tremblements de terre, des terroristes et des dictateurs qui veulent faire péter des bombes nucléaires…