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Interview de Lenia Major, autrice jeunesse : « Écrire pour la jeunesse, c’est pouvoir s’exonérer de toutes les limites de l’imagination. »

princesse mécanique campagne ulule

Cette semaine nous rencontrons Lenia Major, autrice de livre jeunesse. Elle partage avec nous sa passion pour son métier et nous parle de son dernier projet « La Princesse mécanique » qui fait l’objet d’une campagne de financement participatif chez Ulule.

Bonjour Lenia Major, merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour Printoblog afin de nous parler de votre dernier projet
“La princesse mécanique” chez Mage Editions.Vous êtes auteure de littérature pour la jeunesse. Qu’est-ce qui vous a conduit à ce métier ? En fait, pouvez-vous nous en dire davantage sur votre parcours professionnel ?

J’exerce par ailleurs un métier qui n’a rien à voir avec la littérature,mais j’ai toujours été une lectrice compulsive. Lorsque j’ai eu desenfants, je leur ai inventé des histoires qui faisaient rire toute la famille. Après plusieurs années, mon mari m’a convaincue de proposer un texte à quelques éditeurs. Je l’ai fait pour avoir la paix et lui prouver que, scientifique de formation, je n’étais pas capable d’écrire. C’est lui qui avait raison… Aujourd’hui, j’ai plus de 100 albums et romans édités chez de nombreux éditeurs, ainsi que beaucoup de textes dans des recueils ou dans la presse.

Couverture livre Princesse Mécanique

Quelles sont vos motivations pour écrire des livres destinés à la jeunesse ? Qu’est-ce qui vous anime dans ce métier ?

Écrire pour la jeunesse, c’est pouvoir s’exonérer de toutes les limites de l’imagination. On peut être un jour licorne, le lendemain astronaute, puis loup, puce, arbre ou pirate…

J’aime semer des graines dans mes livres, donner à réfléchir, mais par le biais de l’aventure, du loufoque ou de la fantasy afin que le message passe en douceur. Je fais également attention, lorsqu’il s’agit d’albums, à écrire pour les parents. Je souhaite qu’ils passent un bon moment lors de la lecture du soir avec leurs enfants. Pour cela, il faut aussi les surprendre, les émouvoir, les faire rire, ne pas les lasser.

Le monde animal est très présent dans vos œuvres, où trouvez-vous ces inspirations ?

Il est impossible pour moi de concevoir une vie sans animaux à proximité. L’homme est devenu totalement fou dans sa façon de les traiter. Le profit l’a totalement emporté sur la décence et le respect. Particulièrement sensible au bien-être animal, végétarienne, je dénonce dans certains de mes romans ces pratiques ignobles. Ce sont à la fois les animaux avec lesquels je vis et tous les scandales que révèlent les médias qui m’obligent à être une voix pour eux.

Illustration livre Princesse Mécanique

Avez-vous des auteurs qui vous ont influencé ? Si oui, pouvez-vous nous en citer quelques-uns ?

Les auteurs qui m’ont plongée dans la littérature pour ne jamais en sortir sont innombrables : Molière, Balzac, Dumas, James Oliver Curwood, Jack London, Steinbeck… et en fantasy George RR Martin ou la grande Robin Hobb. Ils ne m’influencent pas, mais me donnent l’envie d’être toujours meilleure, pour avoir un jour avoir une once de leur talent.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite se lancer dans l’écriture pour la jeunesse ?

Oser. C’est le seul moyen d’y arriver.

Recommencer, persévérer, car tous les textes ne sont pas acceptés par les éditeurs. Écrire, c’est recevoir au début au moins de nombreux refus, il faut donc travailler, retravailler, se remettre en question si l’on sent qu’écrire est une pulsion essentielle, presque vitale. Mais surtout, il faut prendre un plaisir immense à partager une histoire pour que le lecteur le ressente à son tour.

Comment s’articule la relation entre une auteure et une illustratrice dans un projet de roman jeunesse illustré ?

Le plus souvent, c’est l’éditeur qui assume complètement ce rôle et la relation n’existe pas. Parfois, chez certains éditeurs indépendants, l’auteur est associé au process et aux recherches, à la naissance des personnages vus par l’œil de l’illustrateur (trice), à l’avancement du projet. C’est une belle, riche et émouvante aventure.

illustration livre jeunesse "La princesse mécanique"

Votre dernier projet est “La Princesse mécanique” en collaboration avec l’illustratrice Sarah Feruglio, pouvez-vous nous en dire plus sur ce roman ?

La Princesse mécanique est un roman jeunesse illustré destiné aux plus de huit ans, composé d’une centaine de pages et de très nombreuses illustrations couleur.

Les thèmes principaux sont la différence, l’amitié, le courage, le tout saupoudré de magie ! Tandis que Stella est applaudie par un public conquis après une représentation à l’Opéra de Paris, un morceau de décor tombe sur elle. L’accessoiriste la jette dans une trappe, elle devient Miette, reléguée dans les tréfonds de l’Opéra. Elle doit réapprendre à vivre loin des feux de la rampe, brisée, clouée dans un fauteuil roulant, elle la si belle danseuse.

Ce texte est important pour moi car il parle de résilience. Comment survivre, et retrouver la joie de vivre, quand un accident ou un évènement bouleverse totalement votre vie. Comment passer outre des physiques cabossés pour découvrir la personnalité de ceux qui nous côtoient. Comment accepter l’aide, l’amitié et la gentillesse d’inconnus quand on se déteste soi-même.

J’ai choisi de traiter ces thèmes lourds avec poésie et humour, en faisant intervenir des personnages loufoques et rafistolés au grand cœur. Les magnifiques et nombreuses illustrations de Sarah Feruglio plongent les jeunes lecteurs dans un univers steampunk et coloré qu’ils adorent. Elles lui permettent de s’immerger avec bonheur dans la lecture, de renforcer le texte, de ne pas décrocher, même s’il est un lecteur peu aguerri. C’est très important de l’emmener au bout de l’histoire, et de lui donner envie d’en lire tout de suite une autre !

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