Un Dessin Par Jour : Entretien avec la dessinatrice Kat

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Catherine Créhange (a.k.a Kat), dessinatrice et graphiste dont vous avez déjà sûrement apprécié le travail lors des émissions politiques, tournois de Roland Garros ou encore via sa chaîne Twitter. Habituée à commenter l’actualité en temps réel, nous avons pu lui poser quelques questions sur son métier. 

Catherine Créhange, comment avez-vous découvert le métier de dessinatrice / graphiste et qu’est-ce qui vous a donné envie de le pratiquer ?

J’ai toujours dessiné, en faire un métier c’est le hasard qui l’a voulu. En effet, j’ai étudié les Beaux-Arts à Nancy puis j’ai commencé simultanément comme dessinatrice sur France 3 et comme graphiste en agence. Ensuite, ces métiers se sont imposés au fil de ma carrière. 

 

 

 

Quels sont les artistes qui vous ont influencés dans votre travail ?

Mes influences sont multiples. Par exemple :

Gotlib

 

Bretecher
Cabu
Crumb
Druillet
Pratt
Margerin
Moebius
Sempé

 

Mais aussi : Reiser, Loup, Tignous, Munoz & Sampayo, Tardi, Willem, Chaland, Serge Clerc, F’Murr, Goossens, Boilet et Aurita, Jochen Gerner, Diego Aranega, Sfar, Soulcié, Pétillon, Lefred, Ranson, Turier, Malingrey et j’en oublie encore plein d’autres !

 

Vous lancez votre blog « Un dessin par jour » en 2008 , d’où vous est venue cette idée ? Qu’est-ce que cela vous a apporté  ?

Je n’en étais pas à mon premier blog, j’en avais deux autres sur le dessin  avant celui-là. Chacun d’eux répondaient à un besoin de me faire connaître sans médias, ou à côté et vers les médias.  Internet représente une formidable opportunité pour cela. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2009, c’est votre compte Twitter @undessinparjour qui voit le jour. Twitter n’étant pas la plateforme préférée des illustrateurs et graphistes qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Je dirais que c’est d’abord sa simplicité d’utilisation. Ensuite, c’est le fait de pouvoir discuter directement avec les journalistes et les rédacteurs en chef d’un côté mais également avec les lecteurs de l’autre. C’est un excellent canal, à condition de savoir s’en servir ! J’ai d’ailleurs suivi une formation de community manager (finie en janvier dernier) pour pouvoir enrichir mes compétences.

Est-ce la notoriété due à votre compte Twitter qui vous a permis d’intervenir comme dessinatrice sur France Télévision ? Quel est le dessin que vous avez pris le plus de  plaisir à faire ou l’actualité que vous avez pris le plus de plaisir à commenter ?

Oui et non. J’avais déjà travaillé pour France 2 et pour France 3, je connaissais déjà bien France Télévision et le circuit. Mais effectivement, Twitter m’a mise en contact directement avec les personnes intéressées par mon travail
Il n’y a pas eu UN dessin en particulier mais plusieurs. Ceux pour Roland Garros avaient forcément une saveur particulière !

 

Existe-t-il une difficulté particulière dans l’exercice de dessin sur le vif ? Qu’est ce que cela change dans le processus de création ?

Dessiner sur le vif est une gymnastique, il faut être rapide et réactif, mais c’est surtout un état d’esprit. Dans le processus de création, cela force à s’appuyer plus sur les acquis, de manière à les utiliser comme des automatismes.

 

Quelle est la principale problématique du métier de dessinatrice aujourd’hui ? Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à nos lecteurs dessinateurs et graphistes qui se lancent dans le métier ?

Comme tous les métiers de la presse et de l’édition, les supports traditionnels souffrent et Internet ne remplacera pas tout, d’abord parce qu’on ne peut pas en vivre. 
Je leur dirais d’être éclectiques, curieux et culottés.

 

Enfin, dans l’ère du tout numérique quel est selon vous le futur du dessin sur papier ?

C’est un autre support. Restent le toucher, la texture, etc. que nous ne pourrons jamais restituer numériquement. Le livre et le journal papier ne se lisent pas comme le numérique, ni à la même vitesse. On dessinera toujours sur des supports réels. L’œuvre sur papier ne craint rien.

 


Pour voir plus de dessins de Kat c’est ICI !